9 mois déjà que nous arpentions de MILIEU en LISIERE les alentours du TJP CDN d’Alsace Strasbourg.
Cela reste pour toute l’équipe de CANONS (Thomas, David et Harald) par les traces et les matériaux qui ont découlé et bavé sur la suite de la saison, une expérience forte.
Le temps écoulé témoigne sans doute de la nécessité de laisser se transformer l’intensif et le surgissement, les instantanés comme les focus dirigés.
Il y a la mémoire collective et le souvenir personnel qui animent l’imagerie de ces 4 jours de bivouacs : quatre jours où les variations de vitesse, de teinte, d’habit, de paysages, de physicalité, de dynamiques, de rites, de repos et d’élans restent marquantes.
Ce chantier avec vous fut un moment précieux pour goûter ensemble le partage de matières à penser, à danser, à tracer. Il a aussi ouvert de nombreuses pistes de matériaux non présagés que nous avons déployé par la suite : juillet dans les Alpes Maritimes, dans le cadre d’une résidence à l’Espace de l’Art Concret et d’une performance à Nice. Et plus récemment, le choix d’engager le processus d’une création pour 2015 : CANONS en est l’esquisse, l’étape préalable nécessaire pour interroger chaque élément nourrissier, brasser la panoplie d’objets et d’apparats.

Quelles histoires tissées?
Quelles histoires nous nous sommes racontées pour entretenir le mobile du désir?
Quels points de vide sur lesquels nous nous sommes reposés?
Quels déploiements de corps pour quelle création de paysage intime ou public?
Quels bifurcations, anachronismes, interpolations et métamorphoses ont connu nos cheminements?
Y’a-t-il de la figuration, de l’abstraction, du lyrisme, de la documentation pure, du réel ou de la fiction éprouvée? Quelles évocations nous font signe?Chaque jour qui nous éloigne de ce moment révèle des discrétions, des lumières. Les instants photographiques les font transpirer ; ceux-là mêmes qui jouent du point de tension entre part de nature et part de contrôlé.

Quelle stéréotypie de la presse pourrait alors accueillir vos récits? Auto Moto, Lui, L’écho des savanes, Chasse et pêche, Géo, Les échos, Voici, Gala, Paris Match, Elle magazine, Vogue, Architecture, Résidence secondaire, TV 7jours, Le Nouvel Observateur, Pomme d’Api, Picsou, Computer world, Causette, Photo magasine, Bien être et savoir vivre, Nature et découverte, Bio magasine, Les nouvelles écologies, Nouvelles technologies, guide touristique../… Du récit de voyage à la confession autobiographique, du journal  intime au documentaire, quelle histoire se trame? Du genre “quotidien chronique” à la “revue papier glacée”, du carnet de témoignages à l’article people, de la publication scientifique au roman photos léger, du reportage de terrain à la fiction documentaire? Fable, conte, procès verbal, poème, prose, dessin, histoires drôles ou graves, caricatures, … inventaire minutieux ou fantasmagorie, fééries et cauchemars : tout est possible. L’image permet ça, parfois au détriment des réels vécus. Son détournement nous rend malheureux. Leurs utilisations abusives par des media en sont l’épreuve.

Quelles formes la plus adaptée pour relater les étapes d’une équipée? Dépasser le kiosque, les archétypes avec – S’enfoncer dans le corps de l’image.
Y’a-t-il un flux pensif quand on navigue dans l’image ? Qu’est ce que notre mémoire nous joue comme tour face à la photographie? (à la mode du “je me souviens…”)
Quelle autofiction? quelles visions?
L’importance de l’empreinte par le toucher : celui  de l’objet, du corps de l’autre, de la vision d’un paysage, d’une sensation,… la caresse du photosensible (la principale occupation de la caresse est de fouiller).
L’occupation d’un territoire : quels territoires avons-nous habité? Par quels territoires avons-nous été traversés, tapissés ?
Entre voir et imaginer, l’image émerge. Par contact. Quel liquide est révélateur ? Le rouge de la chambre noire pour apercevoir. Oscillation entre images mentale et réelles : des spectres apparaissent.
Et puis, finalement, accepter de confronter des images perçues et nos voix de l’esprit à l’image photographique. Quel sensible à l’œuvre? Quelle capacité ont les photos pour changer notre regard mémorable du vécu ? Un retour sur image subjectif de par sa sélection, segmentation, parcellisation mais aussi par la ligne de mire de l’homme derrière l’objectif, derrière son canon : Thomas. L’aventure du Moi qu’il soit fictionnel ou réel. “j’ai un faible pour les histoires : peu importe qu’elles soient vraies pourvu qu’elles me rendent un peu mieux capable de comprendre le monde autour de moi.” Gilles A. Tiberghien, Land art travelling

Et puis, mettre tout cela au présent et se dire qu’il s’agit de l’écriture d’une vision dans la force du moment : ne pas scinder passé et  l’instant présent. Il s’agit de ce qui s’invente, ce qui est ici et maintenant, en présence de.
L’équipe élargie de CANONS, qui s’est retrouvée à Bruxelles début février, a lié ces clichés de mots qui ont créé des questions. Puis les cartes ont été rebattues pour à nouveau créer de la question : une écriture dadaïste où le cadavre est exquis. Des trames se croisent et se recroisent faisant socles pour des échappées. L’une des dernières questions sorties au cours de ces parties entre mots et photographies, ce week end, à Marseille :
Un chemin que personne n’a jamais emprunté peut-il apparaître de manière évidente ? par Tristan Rothhut.

à Agathe, Carole, Christelle, David, Hayet, Laura, Léo, Mylène, Stéphane, Thomas –
à David, Harald, Loïc, Marie, Olivier, Tristan –
effluves réminiscentes du chantier CANONS – week end TJP MILIEU / LISIERE – du 17 au 20 mai 2013

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