Interdiction de stationner pour en corps une promenade & Faire de nos corps pris à parti des partis pris à l'EAC Mouans Sartoux

En 1998, alors que je me tourne vers la diversité des danses contemporaines et que je touche à différentes esthétiques, j’éprouve la nécessité de trouver l’espace adéquat pour établir des bilans spontanés de l’état de mon corps pensant et dansant : un lieu régénérant où le repli et la confrontation vont de paire. C’est le moment où je m’éloigne du contrat d’interprète-outil pour aborder les collaborations. Les entrevues avec Gottfried Honegger, depuis 1996, m’y encouragent.

Je ressens l’envie de situer mon être éduqué au présent comme force de pro-positions, des positions citoyennes et artistiques. J’ai toujours choisi de mener mes actes professionnels au cœur des structures institutionnelles plutôt que de m’en extraire. J’entends là des actes convaincus et/ou militants, pour des danses qui tiennent paroles. Favoriser le dialogue par l’art.
Un lieu situé sur l’entre deux.
J’ai goûté l’abandon d’une posture académique par les pratiques que me proposaient les jardins et le bâtiment de l’Espace de l’Art Concret (Alpes Maritimes – France). L’artiste responsabilisé dans sa fonction de porteur d’idées s’affiche. Une posture d’artiste politique (occupé des affaires de la cité) s’affirmait, sans devenir pour autant un médiateur social. Ces aller-retours entre dedans et dehors mettent en exergue le travail qui se fait sur « le passage », d’un état vers l’autre, d’un contexte vers un autre. Mon travail est là : sur le seuil. Me laisser brasser par les courants. Pouvoir céder aux appels d’air et y déceler mes danses « d’actualité ».
Cela s’est concrétisé par :
Sortir des « temples » dédiés à l’art et autre
Bigness culturel pour (s’) exposer au grand jour (EN CORPS UNE PROMENADE commande de l’Espace de l’Art Concret sous la direction d’Odile Biec).
Proposer des moments d’échanges au cœur du processus de création : parler du quotidien de l’artiste et sa fonction. Le système spécifique de l’intermittence des artistes est notamment en question (FAIRE DE NOS CORPS PRIS A PARTI DES PARTIS PRIS Espace de l’Art Concret sous la direction de Dominique Boudou).
Soucieux de l’impact des paroles chorégraphiques sur les territoires de vies qui les accueillent, je ressens la nécessité de savoir où et pour qui je me « produis » : éprouver la notion de l’avec. Je croise des terrains de jeu et de travail non normés. Mes lieux de créations se diversifient (ferme de réinsertion au Maroc, hôpitaux psychiatriques à Aix-en-Provence, Uzès et Rennes, zones frontalières au Liban, ministère de l’éducation nationale, groupe de recherche interdisciplinaire à Marseille, lycée agricole ou Ecole Nationale d’Art Dramatique à Rennes).
Défendre l’intérêt de la transmission au sein même du processus de création met en partage les imaginaires.
Je place l’artiste au cœur de l’économie qu’il génère et ainsi, réclame une transparence du système qui soutient les arts vivants en France (cofondation du groupe militant
Acteurs Chorégraphiques en région paca).
Et puis, je vis l’extérieur comme le foyer fertile de propositions artistiques, de démarches et de rencontres (ANEMOCHORE commande des Envies Rhônement en Camargue et de KLAP Maison pour la danse à Marseille).

Tout cela n’aurait jamais eu lieu sans la rencontre marquante avec l’Espace de l’Art Concret de Mouans Sartoux (France), avec l’équipe de l’EAC qui fait de cet espace un lieu à vivre et à expérimenter dans le souci du partage et, bien sûr, avec Gottfried Honegger.
Je les remercie tous chaleureusement.

Derniers temps de recherche au sein de l’EAC / du 27 juin au 4 juillet 2013, pour le projet CANONS. Une résidence afin d’affirmer la nécessité de poursuivre le projet et ainsi, d’entamer les démarches nécessaires pour associer des partenaires comme réunir les moyens au processus de création.
L’équipe de CANONS tient à remercier toute l’équipe de l’Espace de l’Art Concret pour leur disponibilité comme la confiance que nous a accordés Fabienne Fulchéri. Remercier aussi Philippe Pilliat et Roland Raibaudi pour leur précieuses compétences dans l’art de la soudure. Remercier encore Claudine et Daniel Le Blay pour le logement et les soins portés à l’équipe de CANONS.

 

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